Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Au début était le Blog ...

litterature

Le Cinéma et les Amazighs, colloque international à Safi

30 Janvier 2015, 02:29am

Publié par Naim

Le Cinéma et les Amazighs, colloque international à Safi

La question sur le cinéma et les Amazighs est d'abord une question qui fait appel à deux notions fondamentales: la représentation filmique et l'identité ethnique. Une représentation en images d’une identité morcelée et plurielle, géographique et filmique. De là, nous sommes interpellés par les liens que peuvent entretenir les idéologies avec les pratiques artistiques, cinématographiques en particulier. Car, comme le dit justement Jean-Patrick Lebel dans Cinéma et idéologie, « si la caméra n’est pas un instrument idéologique ″en soi″, le cinéma (ou plus exactement, chaque film) est un véhicule d’idéologie. »

Certains militants considèrent qu’il y a une sous-représentation iconographique dont souffre la cause amazighe. Pour eux, le langage cinématographique devient alors un puissant adjuvant et un magnifique porte-parole. Ils vont même jusqu’à choisir le film comme un instrument de militantisme. Ce produit filmique est d’autant plus marqué qu’il est perçu comme « l’image » d’une entité qui veut crier fort son attachement à son Histoire et à sa terre. Le cinéma offre
donc cette visibilité qui fait défaut, et par voie de conséquence, il permet au spectateur d’entrer dans les rêves, les désirs et les aspirations amazighs.

Mais souvent, ces films avaient tendance à se faire remarquer surtout par une pauvreté formelle ou artistique. Ce fait semble changer et la qualité s’améliore. Pour preuve, quelques films amazighs cartonnent dans les festivals ces dernières années. Le colloque traitera de ce cinéma militant mais également de la représentation cinématographique, à la fois nationale et internationale, produite autour des Amazighs.

"Le Cinéma et les Amazighs" est un colloque international qui sera organisé du 6 au 8 mai 2015 à Safi, Maroc. Il entre dans le cadre de la 10ème édition des Journées Cinématographiques de Safi. Organisé par l'unité de recherche « Littérature, Culture et Imaginaire » de la Faculté Polydisciplinaire de Safi, Univeristé Cadi Ayyad, en partenariat avec l'Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM), il propose plusieurs axes de recherche, sans toutefois aucune prétention d’exhaustivité :
- Représentations sur soi et sur l’autre dans le cinéma amazigh.

- Représentation des Amazighs dans les cinématographies étrangères (arabe, française ou américaine)

- Cinéma amazigh et patrimoine culturel : symboles; contes; poésie; proverbes ...

- Cinéma et identité amazighe individuelle / collective.

- Cinéma et militantisme amazigh entre l’enjeu identitaire et l’idéologique.

- Cinéma, amazighité et réception.

- Politique publique et cinéma amazigh.

- Cinéma amazigh et visibilité.

Vous pouvez adresser vos propositions de communications jusqu’au 27 mars 2015 aux professeurs Abdelaziz Amraoui (amraouia@hotmail.com) ou Rachid Naim (rachid.naim@gmail.com) pour les textes en français. Pour les propositions écrites en arabe, veuillez les envoyer au Professeur Mounir ElBaskri (elbaskrimounir@yahoo.fr) en précisant votre nom, votre affiliation, le titre proposé pour votre communication, résumé d’une demi-page environ ainsi qu’une note bio-bibliographique. 


Responsables : Pr. Abdelaziz Amraoui, Pr. Mounir ElBaskri, Pr. Rachid Naim.


P. S.: Les organisateurs prendront en charge les frais d'hébergement en pension complète.
 

Voir les commentaires

Le poème de Günter Grass, Nobel de littérature sur l'Iran et Israël !

13 Avril 2012, 15:35pm

Publié par Naim

« Ce qui doit être dit » de Günter Grass

Pourquoi me taire pourquoi taire trop longtemps gunter-grass-terry-collett-painting-342x263.jpg
Ce qui est manifeste, ce à quoi l'on s'est exercé
dans des jeux de stratégie au terme desquels
nous autres survivants sommes tout au plus
des notes de bas de pages

 
C'est le droit affirmé à la première frappe
susceptible d’effacer un peuple iranien
soumis au joug d'une grande gueule
qui le guide vers la liesse organisée,
sous prétexte qu'on le soupçonne, dans sa zone de pouvoir,
de construire une bombe atomique.
 
Mais pourquoi est-ce que je m'interdis
De désigner par son nom cet autre pays
Dans lequel depuis des années, même si c'est en secret,
On dispose d'un potentiel nucléaire en expansion
Mais sans contrôle, parce qu'inaccessible
À toute vérification ?
 
Le silence général sur cet état de fait
silence auquel s'est soumis mon propre silence,
pèse sur moi comme un mensonge
une contrainte qui s'exerce sous peine de sanction
en cas de transgression ;
le verdict d'"antisémitisme" est courant.
 
Mais à présent, parce que de mon pays,
régulièrement rattrapé par des crimes
qui lui sont propres, sans pareils,
et pour lesquels on lui demande des comptes,
de ce pays-là, une fois de plus, selon la pure règle des affaires,
quoiqu'en le présentant habilement comme une réparation,
de ce pays, disais-je, Israël
attend la livraison d'un autre sous-marin
dont la spécialité est de pouvoir orienter des têtes explosives
capables de tout réduire à néant
en direction d'un lieu où l'on n'a pu prouver l'existence
ne fût-ce que d'une seule bombe atomique,
mais où la seule crainte veut avoir force de preuve,
je dis ce qui doit être dit.
 
Mais pourquoi me suis-je tu jusqu'ici ?
parce que je pensais que mon origine,
entachée d'une tare à tout jamais ineffaçable,
m'interdit de suspecter de ce fait, comme d'une vérité avérée,
le pays d’Israël auquel je suis lié
et veux rester lié.
 
Pourquoi ai-je attendu ce jour pour le dire,
vieilli, et de ma dernière encre :
La puissance atomique d'Israël menace
une paix du monde déjà fragile ?
parce qu'il faut dire,
ce qui, dit demain, pourrait déjà l'être trop tard :
et aussi parce que nous - Allemands,
qui en avons bien assez comme cela sur la conscience -
pourrions fournir l'arme d'un crime prévisible,
raison pour laquelle aucun
des subterfuges habituels n'effacerait notre complicité.
 
Et admettons-le : je ne me tais plus,
parce que je suis las de l'hypocrisie de l'Occident ; il faut en outre espérer
que beaucoup puissent se libérer du silence,
et inviter aussi celui qui fait peser cette menace flagrante
à renoncer à la violence
qu'ils réclament pareillement
un contrôle permanent et sans entraves
du potentiel nucléaire israélien
et des installations nucléaires iraniennes
exercé par une instance internationale
et accepté par les gouvernements des deux pays.
 
C'est la seule manière dont nous puissions les aider
tous, Israéliens, Palestiniens,
plus encore, tous ceux qui, dans cette
région occupée par le délire
vivent côte à côte en ennemis
Et puis aussi, au bout du compte, nous aider nous-mêmes.

 

Source: RFI

Voir les commentaires

Blog en berne. Khatibi n'est plus !

17 Mars 2009, 09:00am

Publié par Naim


Un des grands penseurs marocains vient de s'éteindre. Abdelkébir Khatibi, professeur universitaire également, a laissé une oeuvre foisonnante et vivante. De La Mémoire tatouée au Corps Oriental en passant par L'Art calligraphique arabe et de La mille et troisième nuit... A (re)découvrir d'urgence.

Voir les commentaires

غيمةُ الموتى Nuage de morts par Ziyad Abualrob, poète palestinien

6 Janvier 2009, 08:00am

Publié par Naim

5-soeurs-sisters-tu-es-Israel-Gaza-Balousha      Quand les images ne peuvent décrire justement une telle barbarie qui s'abat depuis des semaines sur Gaza, les mots viennent à la rescousse. Et quoi de plus beau que la poésie pour ressentir la douleur palestinienne. Notre choix s'est posé sur un beau texte d'un très cher ami et poète palestinien, Ziyad Abualrob. Le poème, en arabe, qui s'intitule Nuage de morts ( غيمةُ الموتى ) a été écrit le 30 décembre 2008 suite aux massacres perpétrés par les Israéliens dans les camps des réfugiés palestiniens à Gaza. Ce poème, dont la traduction en français vient d'être publiée à la maison de la poésie de Namur en Belgique, paraîtra ce mardi dans les pages culturelles du journal palestinien al-ayyam.

غيمةُ الموتى

جسدُ الصغيرة ساخنٌ تحت الركام,

والروح طارت مثل بلبلٍ بلّهُ مطر كانون الأول/

غير أن مطرَ غزة اليوم نارٌ.

يدُها اليمنى مبتلةٌ بدمٍ، تحت ركام البيت، عيناها المفتوحتان من ثقب في الإسمنت على سماء نحاسية

أبصرن جنوداً خرجوا من التلمود يُحلِّقون على نسورٍ من حديد/

غمامَ موتٍ فوق غزة.

يدُها اليسرى مبتورةٌ فمن سيقلّب الكتب المدرسية،

من سيحل وظيفة الحساب؟ ومن سيرسم بيتاً ودرباً وورداً في الحديقةِ؟

ومنْ سوف يطعمُ الحمائم العششن فوق النافذة؟

من؟ 

* * *

غيمةُ الموتى الحديدُ إذ تمطرُ زُبَراً

تعلو غيبةُ الشهداء لتصير غيمة أخرى تمطر أرضنا دماً فوق

الذين أتوا من نيويورك، من موسكو، من باريس أو من إثيوبا،

فصاروا جنوداً يدافعون عن مسادا الجديدة.

غيمةُ الموتى الثقيلةُ السوداء،

ثكلى، وحبلى؛

فحذارِ - إن أمطرت سحابةُ الموتى الصغار دماً ودمعاً على خُوَذِ الجنودِ-

من خروجٍ آخرٍ جديد، ومن تيهٍ للأبد.  

* * *

أطلق ثعالبَك الحديدُ،

في حقول غزَّة

في أزقّةِ المخيمات

و في الجامعات.

يا شمشون المنتحر الجديد؛

فلا أسود تعيرك العسلَ السماويَّ ولا حميرٌ تعيركَ فكاً طرياً

لتقتل ألفاً،

ولا مومسٌ تحتال عليك،

ولا شَعرٌ سماويٌّ على كتفيك،

ولا شِعرٌ دنيويٌّ لذمِّ يديك؛

فانتزع عمود غزَّة الخشبيّ إن شئت، لا يحتاج قاتلٌ لإذنٍ إلهي،

واحذر إن لم يعد لغزَّةَ سقفٌ بعد القصفِ

أنْ تسقطَ السماءُ عليكْ. 
 
  -------------------------------

زياد أبو الرّب

بروكسل، والروح في غزة، 30/12/2008

Voir les commentaires