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Mardi 16 décembre 2008

chaussure-symbole-irak-bush.jpg
      En pleine effervescence cinéphilique, la rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre: Georges Bush a essuyé un jet de chaussures de la part d'un journaliste irakien (Mountazer al-Zaïdi). A la vision des images, on ne peut qu'admirer le merveilleux réflexe de Bush. Eviter deux fois de suite des chaussures volant à une telle vitesse est une prouesse qu'on ne peut qu'applaudir. Cependant et de l'autre côté, risquer sa carrière, sa vie peut-être, pour donner aux télévisions du monde entier l'une des plus belles images du XXI siècle est un geste et un acte dont le courage n'a d'égal que la préméditation qu'il a mis pour y arriver.
      Plus fort qu'un attentat, plus parlant qu'une bombe et plus spectaculaire qu'une manifestation, ce jet de chaussures a une portée symbolique fort profonde. Un tel président, assurément l'un des pires des Etats d'Unis d'Amérique, ne mérite même pas les grains de poussière tombés des chaussures (de pointure 43 pour les soucieux du détail) qui l'ont effleuré. Face à tant de victimes et de haine semée dans différentes contrées du monde, une paire de chaussures vient de répondre avec tant de classe et d'élégance.
      Bien évidemment, cette paire de chaussures ne peut faire oublier les millions de victimes irakiennes tombées sous l'embargo de Georges Bush Senior et sous les balles de Gorges Bush Junior. L'Histoire le jugera et va encore le juger mais pour les citoyens du monde entier, qui exultent déjà, ils peuvent déjà célébrer les fameuses chaussures de la vengeance.


Vidéo de G. Bush esquivant le jet de chaussures du reporter irakien Mountazer al-Zaïdi
Par Naim
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Dimanche 2 novembre 2008
il-est-interdit-d-interdire       C'est devenu donc une habitude. Le Royaume du Maroc fait encore la une des journaux écrits et télévisés du monde entier.  La justice marocaine a d'abord confirmé en appel la somme record de 6 millions de dirhams que doit verser Almassae au titre de dommages et intérêts pour avoir diffamé des substituts de procureurs. Si la diffamation est avérée et mérite punition, la somme, elle, a clairement un autre objectif, celui de pousser Almassae, le quotidien le plus vendu au Maroc, et son trublion de directeur, Rachid Nini, à fermer boutique. Vous avez dit règlement de comptes?
      Quelques jours après, un autre titre vient de faire les frais d'une interdiction pure et simple. Il s'agit d'un numéro du magazine français l'Express qui porte le titre populiste "Le choc Jesus-Mahomet". L'article incriminé est un comparatif entre les deux prophètes
chrétien et musulman. Mais apparemment, c'est plus la couverture du numéro en question qui a causé l'interdiction dans laquelle on y voit les représentations des deux prophètes. Et pourtant, dans leur réaction, les responsables du magazine affirment avoir retouché la couverture internationale en cachant le visage du prophète musulman pour justement éviter toute polémique et "afin de ménager la sensibilité religieuse des lecteurs marocains".
      Le gouvernement marocain aurait-il agi par principe de précaution? Peut-être. Des voix s'élèvent et vont sûrement s'élever pour défendre ce principe et cautionner cette tutelle morale exaspérante, déjà entr'aperçue dans le cas de Nichane. Jusqu'à quand va-t-on censurer et interdire sous le prétexte fallacieux de la peur de provoquer la colère des islamistes. Dans ces affaires, Il y a un risque réel: c'est celui de voir s'ériger une course entre deux conservatismes, un conservatisme intégriste qui tire et interdit tout ce qui bouge et un autre gouvernemental qui essaie de devancer le premier dans la série des interdictions. Cependant, sous le parapluie de ce conservatisme moral, la censure gouvernementale "s'épanouit" et les interdictions et restrictions gouvernementales brassent très large: libertés publiques, journaux et magazines indépendants ( Almassae, Demain, Tel-quel, Nichane...), nombreux sites et blogs (islamistes et séparatistes)... Cette série ne s'arrête pas là puisque l'interdiction touche même une application éducative et ludique comme Google Earth
!
Par Naim
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Vendredi 30 mai 2008
almassae-photo-policier-salafiste-maroc
    Dans son édition du mercredi 28 mai, Almassae diffusait cette photo, prise par Karim Selmaoui, d'un commissaire qui violentait une épouse salafiste d'un jihadiste en prison portant un bébé sur le dos. Le texte décrit en détails le traitement inhumain infligé à la femme et son enfant par le commissaire. La photo ne pouvait qu'émouvoir les lecteurs marocains habitués, hélas, aux comportements exemplaires des policiers du Royaume. Le schéma de lecture était trop facile: le méchant commissaire vs la mère innocente.
    Ce
pendant, la deuxième photo prise par Mostapha Cherkaoui et diffusée par Assabah (le journal concurrent d'Almassae) du jeudi 29 mai ajoute un autre sens à la première photo. On peut y voir la femme innocente jetant un gros caillou sur le policier en question. Bien évidemment, suite à la deuxième photo, la lecture de l'incident est tout à fait autre. Les lecteurs d'Almassae garderont l'impression d'une agression policière, tandis que les lecteurs d'Assabah pourront voir une légitime défense.
    Les questions des lecteurs ne paraîtront que légitimes: quel cliché représente le plus la vérité sur cet incident? Pourquoi le choix des deux quotidiens est diamétralement différent?  Manipulation ou contre-manipulation? La concurrence entre les deux premiers quotidiens arabophones du Royaume entre-t-elle dans une nouvelle phase? A vous de voir.
Assabah-photo-policier-salafiste-maroc
Par Naim
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Mardi 12 février 2008
undefined     Comme annoncé la semaine passée, le n°2 du magazine du film 16/9ème est dans les kiosques au Maroc, en France et au Moyen Orient. L'auteur de ces lignes est honoré d'y collaborer. La couverture est consacrée à Assaâd Bouab, la nouvelle coqueluche des écrans marocains et star des prochains Wathever Lola Wants de Nabil Ayouch et Aicha Kandisha de Jérome Cohen-Olivar. Photographié par Karim Ramzi, A. Bouab est intronisé comme l'acteur le plus sexy de l'année.
    Ce numéro comporte également des hommages aux musicien Oscar Peterson, au réalisateur Mohamed Ousfour et un hommage à Louis de Funès signé par son fils Patrick. A l'occasion du cinquantenaire du cinéma marocain, le magazine lui consacre un joli dossier richement illustré, en plus des cinénews habituelles et les interviews (Euzhan Palcy, Ahmed Boulane, Ferid Boughedir, Ahmed El Maanouni, etc.)

    Bonne lecture et bon cinéma.
 
Par Naim
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Samedi 2 février 2008
16-9-me-magazine-cinema-maroc.png     Bonne nouvelle pour les cinéphiles: la presse marocaine s'est enrichie avec la parution d'un nouveau magazine spécialisé. 16/9ème, comme son nom peut l'indiquer, est consacré au 7ème art, marocain et international. Edité par le photographe Karim Ramzi, le magazine est bimensuel jusqu'en avril où il deviendra mensuel. Le premier numéro, consacré en partie à la dernière édition du Festival International du Film de Marrakech, a fait preuve d'une bonne qualité éditoriale avec notamment une richesse dans les sujets traités.
    Des belles photos (comme celle de Spike Lee sur la couverture prise par Ramzi lui même), des dossiers complets, des interviews exclusives variées, le magazine a fière allure avec, en plus, une qualité d'édition et de papier. Sous la houlette de la pétillante rédactrice en chef, Nadia Ramzi, le magazine espère être l'outil idéal pour accompagner le renouveau du film marocain. Le n°2 sortira au courant de la semaine prochaine et sera distribué également en France. Bonne lecture et bon cinéma.
Par Naim
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Dimanche 30 décembre 2007

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    Eh oui! Cela fait un an depuis ce premier billet et le début de cette belle aventure du bloguing. Et comme tout pédagogue qui se respecte, il est temps de faire une auto-évaluation. Tout a commencé par un simple exercice destiné à mes étudiants: chacun d'eux devait faire un blog personnel qui sera l'endroit où il doit publier ses devoirs hebdomadaires ainsi que ses propres billets personnels. Le but était, bien évidemment, de créer une dynamique pédagogique ludique qui vise à augmenter le capital-confiance en soi et inciter l'étudiant en question à plus de créativité. Vous connaissez la suite. Devant faire l'exemple, je me suis lancé dans le bain, chaud, du blogging. Et le bain était ...bon. Un an après, que faut-il conclure de cette expérience?
    Pour les amateurs de chiffres, en voici quelques uns. Au début était le Blog... a vu la publication de 94 billets et quelque 1300 commentaires. Il a reçu 56 455  visiteurs uniques (sans vous compter maintenant) et 172 262 pages de cet espace étaient visionnées. Bien évidemment, ces chiffres ne vont pas égaler d'autres, faramineux, comme celui du pape de la Blogoma.
    En un an, grâce à mes chers étudiants, Safi est devenue probablement la ville qui abrite le plus grand nombre de blogueurs. Quelques uns méritent vraiment le détour (voir la liste de gauche). Et à ma surprise,
Au début était le Blog... est entré dans le top 5 du classement des blogs marocains fait par Alianzo (merci au magazine des blogs marocains pour l'info).  Cet espace est souvent cité dans les revues de blogs sur des sujets d'actualité et fait également partie de la sélection des meilleurs blogs francophones établie par la chaine de télévision TV5. Pendant cette année, ce lieu virtuel a joué modestement son rôle citoyen contre la censure aberrante qui a touché Youtube  ou encore Tel Quel et Nichane. Un combat qui n'est pas encore fini puisque la censure continue toujours avec, entre autres, celle du logiciel éducatif Google Earth. Cet espace numérique essaie également, dans la mesure du possible, d'être dans la ligne de front contre la répression injuste qui s'est abattue à plusieurs reprises, durant 2007, sur des citoyens marocains. Mais ce militantisme est somme toute normal puisque l'auteur de ces lignes s'est révélé, grâce au Political Compass, un gauchiste libertaire sans vergogne.
    Mais au delà de ces flatteries d'égo, cet espace a permis de lier de véritables liens d'amitié avec des blogueurs sympas et, surtout, de découvrir de véritables perles de contenu instructif et citoyen. En plus du précité Larbi, par exemple, je squatte souvent l'espace d'un collègue Motic, qui doit penser sérieusement à le transformer en un site complet, vu son utilité publique. Même remarque pour Ibn Kafka, le juriste en liberté surveillé, qui mérite un espace mieux adapté pour la qualité de ses textes. Une qualité éditoriale que peut facilement revendiquer Cinemasfi, Citoyen Hmida, Loula, Lionne d'Atlas, Adilsky ... L'oubli va sûrement toucher quelques uns d'entre vous mais je suis sûr que, humblement, vous excuserez cet affront gravissime et vous recevrez mes voeux les plus sincères.

Par Naim
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Samedi 29 septembre 2007

Maddie-McCann-mistaken-Bouchra-morocco.jpg

    Décidément, les stéréotypes ethniques ont la vie dure. Il a suffi d'une photo floue prise par une touriste espagnole, tout près de Tetouan, d'une fillette marocaine pour que la machine médiatique, espagnole et puis internationale, se met en marche: Madeline McCann, petite anglaise de 4 ans disparue au Portugal depuis le 2 mai dernier, serait enlevée par un couple de Marocains. Pourquoi ce malentendu? La réponse est simple: la fillette marocaine photographiée sur le dos de sa maman était blonde comme Madeleine. Le mystère vite éclairci, la Maddie marocaine s'appelle en fait Bouchra Benaissa. Ses parents, Ahmed et Hafida, d'une extrême gentillesse, se sont même prêtés aux longues questions des gendarmes, et surtout à l'harcèlement des dizaines de journalistes internationaux, Anglais et Espagnols en tête, qui voulaient élucider ce "mystère".
    Ce petit malentendu, qui somme toute mineur, révèle un autre, beaucoup plus grand. Les Européens en général, les Espagnols en particulier ne connaissent presque rien de l'architecture ethnique du Maroc. La Map souligne en effet que ce petit incident a permis aux voisins ibériques de découvrir l'existence de personnes blondes au Maroc. La presse britannique a essayé d'expliquer à ses lecteurs cette réalité "confondante" et avance des explications pseudo historiques sur l'origine de ces blonds sur les terres nord-africaines. Ils seraient ainsi les descendants d'anciens esclaves venus d'Europe, écrit The Daily Mail. Comme si les bruns en Europe sont tous des descendants de Sarrasins esclaves! Presque aucune trace de la longue tradition du Melting pot marocain: Phéniciens, Berbères, Carthaginois, Romains, Vandales, Arabes, Africains, Juifs, Européens... On le voit, un petit "incident" est capable de faire ressurgir les pires représentations médiévales de l'Arabe ou du Maure: un sans-pitié, esclavagiste et kidnappeur. Nombre de sites européens, par exemple, se sont attelés depuis longtemps à disséquer le Royaume du Maroc en le décrivant comme étant un "pays connu par l’esclavage d’enfants et la pédophilie organisée".
    L'ignorance consternante dont fait preuve l'opinion publique européenne à l'égard de la réalité marocaine vient essentiellement du fait que les Européens voient le Maroc comme un bloc sociologique homogène qui a des attributs physiques et psychologiques uniformes. Cette vision est alimentée par certains "experts" universitaires qui s'abreuvent d'un savoir académique monolithique alimenté par des siècles de confrontation, et une presse paresseuse qui ressasse à longueur d'éditions les mêmes stéréotypes et les mêmes poncifs.
    Durant les dernières élections législatives marocaines, la presse occidentale, présente dans le Royaume en grand nombre, avait annoncé à maintes reprises un raz de marrée islamiste et un changement radical dans l'orientation du gouvernement marocain. Dans ces élections exemplaires, rien de tout cela n'est arrivé. Et à l'annonce même des premiers résultats, cette presse, déçue et dépitée, cessa sa couverture et annonce à peine les résultats définitifs. La presse espagnole, encore elle, va même jusqu'à douter de la validité de ces élections. L'islamisation du Maroc était une chose inéluctable, les experts et la presse ne pouvaient pas se tromper! Mais souvent, quand il y a une erreur, la mauvaise foi n'est pas très loin.
    Revenons maintenant à notre petite tête blonde: Bouchra Benaissa. Cette adorable fillette, malgré elle, semble corriger ces poncifs et adresser une leçon à ce genre de presse: son innocente ressemblance avec Maddie McCann prouve les complexités sociologiques et raciales. Le Maroc est un bloc hétérogène qui recèle de multiples facettes politiques, religieuses, culturelles et bien sûr ethniques. Exactement comme peuvent l'être la Grande Bretagne ou encore l'Espagne. Merci donc à toi Bouchra et, espérons-le, à très bientôt Maddie!
Par Naim
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Vendredi 17 août 2007
Google-Earth-censored-Morocco.jpg     
    Depuis août 2006, Google Earth, un petit logiciel d'exploration de la terre à l'aide d'images satellitaires, est censuré au Royaume du Maroc par l'opérateur historique MAROC TELECOM, filiale de VIVENDI. Pour rappel, cette interdiction est complètement illégale puisque elle n'est basée sur aucune décision judiciaire. Il faut rappeler également que les autres opérateurs, Meditel et Wana, ne censurent pas Google Earth. Qui censure alors ce logiciel et surtout pourquoi? Des questions qui restent sans réponse puisque le principal concerné, MAROC TELECOM, n'a toujours pas donné des explications. Coutumier du fait, l'opérateur historique a même interdit pendant 5 jours le site de partage vidéos Youtube. Une interdiction qui a suscité un tollé général, essentiellement au sein de la Blogosphère marocaine.
    En cette année électorale, le gouvernement marocain continue donc maladroitement sa série noire dans le domaine des restrictions qui touchent la presse et les libertés publiques. Cette Blogosphère marocaine, active et citoyenne, ne va pas se laisser faire. Elle demande encore des comptes: une enquête et les démissions des personnes responsables. 
Par Naim
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Dimanche 5 août 2007

Censure-au-maroc.jpg
    Le feuilleton contre la presse indépendante continue. Le gouvernement marocain a ordonné samedi la saisie des deux hebdomadaires indépendants Nichane et Tel Quel. Sans commentaire.

Par Naim
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Mercredi 30 mai 2007

censorship-map-morocco.jpg     Voir ce billet en français
    This is a call, posted by a fellow blogger in Motic, to stop the Maroc Telecom's censorship of Google Earth:

    I invite all the bloggers that believe in freedom on earth to publish this post as is on their blogs.
    Maroc Telecom and Vivendi continue to block access to Google Earth for moroccan internet users for no reason. The censorship of Google Earth started in august 2006 and never stopped as of today. Morocco is the only country in the world to do that. I invite freedom and human rights defenders and the journalists all over the world to make this known to everybody! Inform the world about this absurd censorship that lasts for almost a year now and that is aimed only at Moroccans.
    Ask the moroccan government, Maroc Telecom and Vivendi (who controls Maroc Telecom) for official statements about this matter.
 
Par Naim
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